Près de 40 000 personnels de l’éducation interrogés révèlent un mal-être croissant. Les résultats du baromètre annuel du syndicat Se-Unsa montrent des chiffres préoccupants. Une large partie du corps enseignant fait état d’un manque de reconnaissance et envisage de quitter le métier.
Table des matières:
- Elisabeth Allain-Moreno et le baromètre du Se-Unsa
- Des salaires inférieurs à la moyenne de l’OCDE
- La situation précaire des accompagnantes d’élèves en situation de handicap
- Un manque de reconnaissance généralisé
Elisabeth Allain-Moreno et le baromètre du Se-Unsa
Lors d’une conférence de presse, Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du Se-Unsa, a présenté les données issues du sondage annuel. L’enquête a été menée auprès d’enseignants, conseillers principaux d’éducation (CPE), psychologues scolaires et assistants d’éducation (AED).
Parmi les constats essentiels :
- 91 % des professeurs déclarent aimer leur métier.
- 36 % envisagent une reconversion tout en restant dans le secteur public.
- 26 % souhaitent quitter le public pour se tourner vers le privé.
- Plus de la moitié des sondés pensent changer de profession.
Des salaires inférieurs à la moyenne de l’OCDE
Les résultats montrent un décalage marqué entre la rémunération en France et celle des autres pays développés.
- Un enseignant de catégorie A gagne en moyenne 1 000 euros de moins par mois qu’un autre fonctionnaire de même catégorie.
- Depuis plus de 10 ans, les salaires des enseignants français ayant plus de 15 ans d’ancienneté sont environ 16 % inférieurs à la moyenne de l’OCDE.
- La France figure parmi les pays où les classes comptent le plus d’élèves.
La situation précaire des accompagnantes d’élèves en situation de handicap
Les Aesh (accompagnantes d’élèves en situation de handicap) cumulent des difficultés importantes. Elles travaillent souvent à 60 % d’un temps complet pour environ 950 euros nets par mois, soit en dessous du seuil de pauvreté.
Gilles Langlois, secrétaire national du Se-Unsa, a dénoncé cette situation en affirmant que « l’État est le premier pourvoyeur de précarité ». Il a demandé la création d’un véritable statut de fonctionnaire pour ces personnels.
Un manque de reconnaissance généralisé
Le baromètre révèle également que 77 % des enseignants déconseilleraient leur profession. Plus de 71 % estiment souffrir d’un déficit de reconnaissance et de respect de la part de l’État.
Les principales critiques portent sur :
- Les salaires trop bas (87,2 %).
- Le manque de moyens et de conditions de travail (71,5 %).
- Le surnombre de réformes (41,8 %).
- La surcharge de travail (40 %).
- Le manque de formation continue.
Selon le Se-Unsa, il y a urgence à reconsidérer l’École et ses personnels.
Source: 20 Minutes