Cellules sénescentes et cancer post-partum
Cellules sénescentes et cancer post-partum, photo : Pixabay / licence: Pixabay

Chaque année, entre 5 000 et 6 000 femmes développent en France un cancer du sein post-partum. Cette forme apparaît 5 à 10 ans après une grossesse. Elle touche surtout les femmes âgées de 35 à 45 ans. Son évolution est souvent plus sévère. Une étude de l’Institut Pasteur, publiée le 18 février dans la revue Nature Aging, identifie le mécanisme biologique à l’origine de ces tumeurs. Les chercheurs décrivent le rôle central des cellules sénescentes dans l’apparition et l’agressivité de ces cancers.

Sommaire

Aurélie Chiche et Han Li à l’Institut Pasteur

Une étude publiée dans Nature Aging

Les travaux ont été dirigés par Aurélie Chiche, première auteure, et Han Li, responsable de l’unité Plasticité cellulaire dans les pathologies liées à l’âge. Ils ont analysé la phase dite d’involution mammaire. Elle survient après l’accouchement, puis après l’allaitement le cas échéant.

Durant cette période, la glande mammaire revient progressivement à son état initial. Ce remodelage mobilise des cellules spécifiques. Les scientifiques ont observé que certaines persistent anormalement.

Depuis 30 ans, le nombre de cancers du sein précoces chez les femmes de 30 à 40 ans est en hausse. Cette progression concerne aussi les formes post-partum.

Cellules sénescentes et involution post-partum

Un rôle paradoxal dans la régénération

Les cellules sénescentes, qualifiées de « cellules fantômes », cessent de se diviser. Elles participent normalement à la réparation tissulaire. Elles facilitent la régénération après la lactation.

Aurélie Chiche précise que leur présence est essentielle à la fin de l’allaitement. Toutefois, si elles ne sont pas éliminées correctement par le système immunitaire, elles produisent des molécules favorisant la croissance tumorale.

Ces cellules renforcent la plasticité des cellules cancéreuses et augmentent leurs capacités invasives. Elles facilitent l’adaptation des cellules tumorales à leur environnement. Cela accroît le risque de métastases.

Les cancers du sein post-partum présentent ainsi

  • un risque plus élevé de dissémination
  • une survie globale réduite
  • une agressivité supérieure aux cancers diagnostiqués hors grossesse

Expérimentations sur souris et perspectives thérapeutiques

Vers un traitement préventif

Après avoir identifié ce mécanisme, les chercheurs ont testé un traitement expérimental sur des souris. Celui-ci vise à éliminer les cellules sénescentes persistantes.

Les résultats montrent un retard dans l’apparition des tumeurs et une réduction des métastases.

Han Li indique qu’une intervention ciblée durant l’involution mammaire pourrait diminuer le risque de cancer post-partum. L’étude souligne que les femmes diagnostiquées après une grossesse présentent un risque métastatique plus élevé que celles diagnostiquées pendant ou en dehors d’une grossesse.

Les principales données établies sont résumées ci-dessous

Élément clé Donnée chiffrée
Cas annuels estimés 5 000 à 6 000
Délai d’apparition 5 à 10 ans après grossesse
Tranche d’âge la plus touchée 35 à 45 ans
Hausse des cancers précoces +30 ans de progression

Cette découverte ouvre la voie à un dépistage ciblé des femmes enceintes de plus de 35 ans et au développement d’un traitement préventif. Sa mise au point n’est toutefois pas envisagée avant une dizaine d’années.

FAQ

Qu’est-ce qu’un cancer du sein post-partum ?

Un cancer du sein post-partum est un cancer du sein qui se déclenche 5 à 10 ans après une grossesse, pendant la phase post-partum.

Combien de femmes sont concernées chaque année ?

Selon le texte, entre 5 000 et 6 000 femmes par an sont concernées par un cancer du sein post-partum.

Pourquoi ces cancers sont-ils décrits comme particulièrement agressifs ?

Ils sont particulièrement agressifs car le risque de métastases, c’est-à-dire de prolifération des cellules cancéreuses, est plus important avec ce type de cancers du sein.

Quelle tranche d’âge est le plus souvent touchée ?

Le texte indique que ce type de cancers frappe plus souvent les femmes entre 35 et 45 ans, et que le risque augmente avec l’âge.

Quel mécanisme du sein est étudié après l’accouchement et l’allaitement ?

Après l’accouchement, et après l’allaitement s’il y a eu allaitement, un processus de transformation du sein se met en route pour qu’il retourne à son état initial.

Quel rôle jouent les cellules sénescentes dans ce processus ?

Les cellules sénescentes, dites « cellules fantômes », aident à la régénération de la glande mammaire à la fin de la lactation, mais si elles persistent et ne sont pas éliminées, les facteurs et molécules qu’elles produisent peuvent promouvoir le développement de cancers du sein post-partum et accroître leur agressivité.

Qui sont les chercheuses citées dans le texte ?

Le texte cite Aurélie Chiche, première auteure de l’étude, et Han Li, principale auteure de l’étude et responsable de l’unité Plasticité cellulaire dans les pathologies liées à l’âge à l’Institut Pasteur.

Où et quand l’étude a-t-elle été publiée ?

Les résultats ont été publiés dans une étude parue le mercredi 18 février dans la revue Nature Aging.

Qu’ont testé les chercheurs sur des souris ?

Ils ont testé un traitement qui élimine les cellules sénescentes, afin de retarder l’apparition des tumeurs et de réduire la formation de métastases.

Quand un traitement préventif pourrait-il être disponible ?

Le texte précise qu’un traitement préventif ne serait pas mis au point avant une dizaine d’années.

Source: Usinenouvelle