Désinformation persistante autour des vaccins et du cancer
Désinformation persistante autour des vaccins et du cancer, photo : Pixabay / licence: Pixabay

La circulation de fausses informations liées à la santé demeure élevée sur Internet. Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans cette diffusion, comme le montrent aussi les débats autour des réseaux sociaux. Les thématiques controversées, dont la vaccination, figurent parmi les plus exposées. Depuis la pandémie de Covid-19, certaines affirmations associent à tort les vaccins à des maladies graves, dont le cancer. Un examen rigoureux des données scientifiques permet d’en vérifier la solidité.

Sommaire

Réseaux sociaux et désinformation sanitaire en Europe

Les plateformes sociales constituent la principale source de désinformation perçue par les internautes. Elles devancent les blogs et les services de messagerie. Les sujets les plus touchés concernent la santé, le climat, les conflits armés et les migrations. Depuis 2020, les vaccins contre la Covid-19 font l’objet d’affirmations infondées sur de prétendus effets secondaires graves, notamment lors de l’apparition de nouveaux variants, voir ici.

Dans ce contexte, le terme « Turbokrebs » est largement relayé. Il est présenté comme une conséquence supposée de la vaccination. Ce terme ne correspond à aucune entité médicale reconnue.

Terme « Turbokrebs » et cadre institutionnel

Les autorités parlementaires régionales en Allemagne ont précisé en novembre 2024 que le terme « Turbokrebs » ne désigne pas une maladie reconnue, mais qu’il est utilisé pour évoquer des formes agressives de cancers aux causes et facteurs de risque différents. Cette expression a été diffusée pour la première fois entre 2023 et 2024 par une médecin suédoise, dans le contexte de la vaccination contre la Covid-19.

Aucune institution médicale officielle ne reconnaît ce concept. Il n’apparaît ni dans les classifications cliniques, ni dans les registres nationaux ou internationaux du cancer.

Carsten Watzl et la technologie vaccinale

Interrogé sur un éventuel lien entre vaccination et cancer, l’immunologiste Carsten Watzl répond de manière catégorique que ce lien n’existe pas. Il explique que ces affirmations reposent sur une mauvaise compréhension de la technologie vaccinale. Les vaccins reposant sur l’information génétique du virus ont suscité l’idée erronée d’une intégration de cette information dans le génome humain.

Selon lui, cette hypothèse a été étudiée dès les premières phases de la campagne vaccinale. Des études épidémiologiques solides ont démontré l’absence de lien causal, comme dans d’autres analyses sanitaires récentes, plus d’informations ici.

Étude sud-coréenne et interprétation scientifique

Une étude publiée dans la revue scientifique Biomarker Research a analysé les diagnostics de cancers de la prostate, du poumon et de la thyroïde en Corée du Sud. Elle comparait les données de personnes vaccinées et non vaccinées.

Les résultats montrent une association statistique, mais pas de lien de causalité. Une mise en garde méthodologique a été ajoutée à l’automne 2025, invitant à interpréter les données avec prudence.

  • âge plus élevé des personnes vaccinées
  • présence plus fréquente de maladies préexistantes
  • consultations médicales et dépistages plus réguliers

Ces facteurs conduisent à une détection plus précoce des cancers. Les auteurs de l’étude mentionnent explicitement cet effet de biais.

Robert Koch-Institut et sécurité des vaccins

Le Robert Koch-Institut, basé à Berlin, a consacré un document explicatif à ce sujet. Il y est précisé que l’évocation de substances cancérogènes dans les vaccins alimente des peurs infondées.

« Il serait inacceptable que des substances nocives ou cancérogènes soient présentes dans un vaccin. Pour l’éviter, plusieurs systèmes de contrôle sont appliqués à l’échelle mondiale. »

Après l’administration de plusieurs milliards de doses, aucun signal scientifique n’indique que les vaccins provoquent le cancer.

Jan-Henning Steeneck et la désinformation médicale

Dans sa thèse de doctorat soutenue en 2024 à la Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg, l’avocat Jan-Henning Steeneck analyse les mécanismes de diffusion des fausses informations médicales.

  1. des personnes sans formation médicale
  2. d’anciens professionnels de santé
  3. des personnalités publiques et politiques
  4. des groupes privés convaincus de la véracité des informations
  5. des acteurs poursuivant des objectifs financiers ou idéologiques

Ces pratiques visent parfois à affaiblir la confiance envers les institutions publiques et scientifiques.

Vaccins et prévention de certains cancers

Certains vaccins ont un effet préventif reconnu contre des cancers. Les autorités sanitaires rappellent que :

  • la vaccination contre le HPV réduit le risque de cancer du col de l’utérus
  • la vaccination contre l’hépatite B prévient le cancer du foie

L’oncologue américain Ahmedin Jemal souligne que des vaccins efficaces existent contre des virus responsables de plusieurs cancers.

Les données scientifiques disponibles confirment un effet protecteur, et non cancérogène, de ces vaccins.

FAQ

Le terme « Turbokrebs » est-il une maladie reconnue ?

Non. Le terme « Turbokrebs » ne correspond à aucune diagnostic médicale et n’est reconnu par aucune institution scientifique.

Les vaccins contre la Covid-19 peuvent-ils provoquer le cancer ?

Non. Les études épidémiologiques disponibles ne montrent aucun lien causal entre la vaccination contre la Covid-19 et l’apparition de cancers.

Pourquoi certaines études montrent-elles plus de diagnostics chez les personnes vaccinées ?

Les personnes vaccinées sont en moyenne plus âgées, présentent davantage de comorbidités et bénéficient d’un suivi médical plus régulier, ce qui conduit à des diagnostics plus précoces.

Que dit le Robert Koch-Institut sur la sécurité des vaccins ?

Le Robert Koch-Institut indique qu’après des milliards de doses administrées, aucun signal scientifique ne montre que les vaccins provoquent le cancer.

Qui diffuse principalement les fausses informations médicales en ligne ?

Selon Jan-Henning Steeneck, il s’agit principalement de non-professionnels de santé, d’anciens experts, de personnalités publiques, de groupes privés et d’acteurs poursuivant des intérêts financiers ou idéologiques.

Certains vaccins peuvent-ils prévenir des cancers ?

Oui. Les vaccins contre le HPV et l’hépatite B sont reconnus pour réduire le risque de cancers comme le cancer du col de l’utérus et le cancer du foie.

Source: Stuttgarter Zeitung, Webrivaig