L’année 2024 a révélé une détérioration alarmante de la santé mentale des enfants et jeunes adultes en France. Selon une étude de la Fédération hospitalière française (FHF), les hospitalisations en pédopsychiatrie ont largement dépassé les prévisions. En parallèle, les séjours pour intoxications, dépendances et consommation d’alcool chez les jeunes ont également bondi. Ces données confirment une tendance lourde, déjà amorcée depuis plusieurs années, et soulignent les failles du système de soins psychiatriques.
Sommaire:
- Séjours psychiatriques MCO en hausse chez les mineurs
- Intoxications et alcool - des chiffres inquiétants chez les adolescents
- Un accès aux soins psychiatriques fortement perturbé
- Les moyens alloués à la psychiatrie restent insuffisants
Séjours psychiatriques MCO en hausse chez les mineurs
Les hôpitaux publics ont accueilli en 2024 bien plus d’enfants et d’adolescents que prévu pour des troubles psychiatriques. Dans les services MCO (médecine, chirurgie et obstétrique), les 10-14 ans ont été hospitalisés 29 % plus souvent qu’anticipé. La tranche des 15-19 ans a enregistré une augmentation de 41 %, tandis que les jeunes adultes de 20 à 24 ans ont connu une hausse de 49 %. Ces chiffres montrent une aggravation rapide du mal-être psychique au sein des jeunes générations. Les séjours concernent principalement les troubles anxieux, dépressifs, les états de stress post-traumatique et les idées suicidaires.
Intoxications et alcool - des chiffres inquiétants chez les adolescents
Les hospitalisations liées à la toxicologie ont dépassé de 25 % les prévisions établies pour 2024. Chez les enfants de 10 à 14 ans, l’augmentation atteint 62 %, ce qui représente la plus forte progression constatée. Les 15-19 ans enregistrent une hausse de 17 %, tandis que les 20-29 ans ont connu une augmentation de 13 %. Ces séjours sont dus à des intoxications volontaires, souvent en lien avec une souffrance psychique profonde, mais aussi à des usages précoces et excessifs de substances comme l’alcool. Cette réalité vient renforcer les préoccupations sur la vulnérabilité psychologique et comportementale des jeunes Français.
Un accès aux soins psychiatriques fortement perturbé
La FHF souligne que 47 % des patients, tous âges confondus, rapportent des délais d’attente trop longs pour accéder à un spécialiste. De plus, 41 % ne parviennent pas à obtenir un rendez-vous et 36 % rencontrent des interruptions dans leur parcours de soins. Cette défaillance du système empêche une prise en charge précoce, ce qui entraîne un recours accru à l’hospitalisation d’urgence. Les centres médico-psychologiques, qui devraient être en première ligne, sont débordés. Leur sous-financement chronique aggrave leur incapacité à répondre à la demande croissante.
Les moyens alloués à la psychiatrie restent insuffisants
La psychiatrie est toujours l’un des secteurs les moins dotés du système de santé. Les hôpitaux publics souffrent d’un manque de personnel spécialisé, d’infrastructures vétustes et de financement inadapté. La FHF alerte sur l’urgence d’un plan de soutien de longue durée, estimé à dix ans, pour stabiliser et reconstruire l’offre de soins. Les centres médico-psychologiques, en particulier, doivent devenir des structures de référence, avec un rôle central dans le repérage précoce et l’orientation des jeunes en souffrance.
En 2024, la crise de la santé mentale des jeunes en France s’est installée durablement. Sans renforcement rapide des structures psychiatriques publiques, l’augmentation des hospitalisations ne pourra que se poursuivre.
Source: LE FIGARO